Un bouchon n'est pas un événement isolé : c'est le point où un réseau cesse de faire passer ce qu'on lui envoie. Or ce réseau n'a pas été construit de la même façon d'un quartier à l'autre, et cela suffit à expliquer pourquoi la même panne apparente se règle en vingt minutes ici et demande un camion là.
Dans le Paris haussmannien, les colonnes en fonte desservent des étages empilés sur un tracé court et vertical : l'obstruction se situe souvent en pied de colonne, et l'eau ressort chez l'occupant du bas. Dans les tours des années 60-70, les colonnes sont plus longues, parfois en amiante-ciment, et les réseaux d'évacuation des eaux usées se regroupent en sous-sol avant de rejoindre le collecteur. Dans le tissu de faubourg, les bâtiments de fond de cour ont été raccordés au fil des décennies, avec des portions horizontales à faible pente — exactement l'endroit où les graisses se déposent.
S'y ajoute la contrainte d'accès, qui pèse plus lourd qu'on ne le croit. Un regard dégagé en rez-de-chaussée se traite vite. Un regard en deuxième cour, derrière un porche étroit, interdit d'approcher un véhicule : le matériel se déroule sur plusieurs dizaines de mètres avant même de commencer. À Paris, le stationnement d'un camion hydrocureur est parfois la première difficulté du chantier.
C'est pour cette raison que nos pages de secteur ne se contentent pas de changer le numéro d'arrondissement. Chacune décrit le bâti réel du quartier, les causes qu'on y rencontre le plus souvent, et ce qu'il faut vérifier avant d'appeler.